Article rédigé le 1er septembre 2026 — droit et taux en vigueur à cette date.
Depuis le 27 août, les avis de taxe foncière 2026 sont consultables dans l'espace particulier d'impots.gouv.fr. À Montpellier, le montant a nettement augmenté, et l'explication tient en une ligne : le 28 avril 2026, le conseil de Montpellier Méditerranée Métropole a porté son taux de taxe foncière sur les propriétés bâties de 0,167 % à 5,80 %.
Ce chiffre a été abondamment repris, souvent mal. Reprenons-le proprement, puis voyons ce qu'il produit réellement — d'abord sur un avis montpelliérain, ensuite sur les trente autres communes de la Métropole, où le résultat est bien plus surprenant qu'annoncé.
Ce qui a changé, et ce qui n'a pas changé
Un avis de taxe foncière n'est pas un impôt, c'est un empilement. Une même base d'imposition est multipliée par plusieurs taux, votés par des collectivités différentes, dont chacune occupe une colonne. Voici l'empilement montpelliérain, avant et après.
| Ligne de l'avis | Qui vote | Taux 2025 | Taux 2026 |
|---|---|---|---|
| Part communale | Ville de Montpellier | 52,63 % | 52,63 % |
| Part intercommunale | Montpellier Méditerranée Métropole | 0,167 % | 5,80 % |
| Taxe GEMAPI | Métropole | 1,24 % | 1,24 % |
| Taxe spéciale d'équipement | EPF d'Occitanie | 0,242 % | 0,242 % |
| TEOM (ordures ménagères) | Métropole | 14,62 % | 14,62 % |
| Taux global | — | 68,90 % | 74,53 % |
Une seule ligne a bougé. +5,633 points, entièrement imputables à la délibération métropolitaine du 28 avril, adoptée malgré 25 voix contre et près d'une dizaine d'abstentions. La Métropole en attend environ 44 millions d'euros de recettes supplémentaires, sur l'ensemble de ses 31 communes.
Une précision qui n'est pas un détail : la Métropole n'a pas voté « une hausse de 5,8 % ». On lit cette formule partout, y compris sous la plume de confrères. Elle est fausse. 5,80 % est le taux appliqué à la base d'imposition, pas un pourcentage d'augmentation. L'ancien taux étant de 0,167 %, il est multiplié par près de 35. À l'inverse, les titres annonçant « +3 500 % » ne sont pas faux arithmétiquement, mais ils portent sur une colonne qui pesait environ 5 € par an et par propriétaire : cités sans ce cadrage, ils ne veulent rien dire non plus.
La vérité utile est entre les deux, et elle se lit sur le taux global : de 68,90 % à 74,53 %.
Pourquoi le taux communal de Montpellier paraît énorme — et pourquoi ce n'est pas la Ville
52,63 % pour la seule part communale : le chiffre choque, et il alimente régulièrement l'idée que la municipalité aurait fait exploser ses taux. C'est inexact, et la démonstration est arithmétique.
En 2020, l'avis montpelliérain comportait trois colonnes de taxe foncière : la Ville à 31,18 %, le Département de l'Hérault à 21,45 %, la Métropole à 0,17 %. Depuis 2021, en compensation de la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, la part départementale a été transférée au bloc communal : les deux taux ont été purement et simplement additionnés. Or 31,18 + 21,45 = 52,63. Exactement le taux communal actuel.
Autrement dit, la colonne « département » n'a pas disparu de votre facture : elle a fusionné avec la colonne « commune ». Et le taux communal de Montpellier est inchangé depuis 2020 — le budget 2026 de la Ville, voté le 14 avril, n'a pas touché à la fiscalité communale.
Combien, sur votre avis
La base d'imposition, elle, a aussi bougé — mais très peu. Chaque année, les valeurs locatives cadastrales sont revalorisées par un coefficient national (article 1518 bis du CGI), indexé sur l'inflation harmonisée de novembre. Pour 2026, ce coefficient est de 1,008, soit +0,8 %.
C'est le plus faible depuis 2021, et c'est important pour comprendre ce qui se passe : après +7,1 % en 2023 et +3,9 % en 2024, un propriétaire pouvait raisonnablement soupçonner l'État. Cette année, non. Sur les neuf points de hausse de l'avis montpelliérain, la revalorisation nationale n'en explique que 0,8. Le reste est une décision locale.
Notre méthode de calcul
Les pourcentages de cet article sont des calculs EVOC. Ni la Métropole, ni la Ville, ni la presse locale n'ont publié de taux d'augmentation de l'avis : les chiffres qui circulent portent tous sur la seule part métropolitaine. Nous publions donc la méthode pour qu'elle soit vérifiable.
Nous comparons le taux global 2025 au taux global 2026 (taux DGFiP votés, situation au 31 juillet 2026), et nous appliquons le coefficient de revalorisation des bases de 1,008. Ligne « taxe foncière » = part communale + part intercommunale + GEMAPI + TSE. « Avis complet » = idem, TEOM incluse.
Réserve assumée : les taux 2026 de GEMAPI (1,240 %) et de TSE (0,242 %) sont repris du fichier DGFiP 2025 et supposés inchangés, faute de publication à ce jour. Les taux communaux, métropolitain et de TEOM 2025 et 2026 sont, eux, tous issus de fichiers DGFiP. Selon l'hypothèse retenue sur la GEMAPI, le résultat montpelliérain oscille entre +11,3 % et +12,4 % sur la ligne taxe foncière — d'où l'arrondi prudent à « environ +11 % » retenu partout dans cet article.
Sur cette base, voici ce que donne un avis montpelliérain, selon la base nette imposable :
| Base nette imposable | Avis 2025 | Avis 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 500 € | 1 034 € | 1 127 € | + 93 € |
| 2 095 € (logement moyen) | 1 443 € | 1 574 € | + 131 € |
| 3 000 € | 2 067 € | 2 254 € | + 187 € |
| 5 000 € | 3 445 € | 3 756 € | + 311 € |
La ligne médiane est la plus parlante : la valeur locative moyenne des locaux d'habitation de Montpellier ressort à 4 190 € dans les données DGFiP, soit une base nette imposable de 2 095 €. Pour ce logement moyen, l'avis passe d'environ 1 443 € à 1 574 €, et la seule part métropolitaine passe de 3,50 € à 122 €. C'est l'ordre de grandeur qui manque dans la plupart des articles parus sur le sujet.
Votre base nette imposable figure sur votre avis. Pour mémoire, elle correspond à la valeur locative cadastrale revalorisée, diminuée de 50 % — une déduction automatique et identique pour tous, prévue à l'article 1388 du CGI « en considération des frais de gestion, d'assurances, d'amortissement, d'entretien et de réparation ». Ce n'est pas un abattement modulable : il n'amortit jamais une hausse de taux.
Au total : environ +11 % sur la ligne taxe foncière, environ +9 % sur l'avis complet. L'écart entre les deux ne vient pas d'une TEOM épargnée par la revalorisation — elle est assise sur exactement la même base et encaisse le même +0,8 % — mais du simple fait que son taux, lui, n'a pas bougé.
Dans la Métropole, la même décision donne des factures très différentes
C'est ici que le sujet devient intéressant, et c'est ce que personne n'a publié à ce jour. Les +5,633 points métropolitains s'appliquent aux 31 communes de la Métropole. Mais ils s'ajoutent à un taux communal qui, lui, varie de 37,50 % à 61,59 % — plus de 24 points d'écart — et que sept communes ont modifié cette année.
La DGFiP a publié le 27 août 2026 les taux votés en 2026 par chaque commune. Nous les avons croisés avec ceux de 2025. Résultat : vingt-quatre communes n'ont pas touché à leur taux, six l'ont augmenté, et une seule l'a baissé. La hausse de la ligne taxe foncière va donc de +3,2 % à +26,0 % selon l'adresse — pour une décision métropolitaine strictement identique partout.
| Commune | Taux communal 2025 | Évolution du taux communal | Ligne taxe foncière | Avis complet |
|---|---|---|---|---|
| Saussan | 42,95 % | + 5,50 pts | + 26,0 % | + 19,8 % |
| Grabels | 48,97 % | + 4,90 pts | + 21,8 % | + 17,1 % |
| Sussargues | 42,48 % | + 3,02 pts | + 20,6 % | + 15,6 % |
| Restinclières | 45,54 % | + 2,28 pts | + 17,7 % | + 13,7 % |
| Murviel-lès-Montpellier | 44,82 % | + 1,50 pts | + 16,3 % | + 12,6 % |
| Saint-Geniès-des-Mourgues | 42,39 % | + 0,85 pts | + 15,6 % | + 11,9 % |
| Montaud | 37,50 % | inchangé | + 15,3 % | + 11,4 % |
| Beaulieu | 38,95 % | inchangé | + 14,8 % | + 11,1 % |
| Lavérune | 41,56 % | inchangé | + 13,9 % | + 10,6 % |
| Vendargues | 42,47 % | inchangé | + 13,7 % | + 10,5 % |
| Saint-Drézéry | 42,95 % | inchangé | + 13,5 % | + 10,4 % |
| Clapiers | 43,77 % | inchangé | + 13,3 % | + 10,3 % |
| Montferrier-sur-Lez | 44,12 % | inchangé | + 13,2 % | + 10,2 % |
| Saint-Brès | 44,53 % | inchangé | + 13,1 % | + 10,1 % |
| Pignan | 44,96 % | inchangé | + 13,0 % | + 10,1 % |
| Fabrègues | 45,00 % | inchangé | + 13,0 % | + 10,1 % |
| Saint-Georges-d'Orques | 45,95 % | inchangé | + 12,7 % | + 9,9 % |
| Jacou | 46,29 % | inchangé | + 12,6 % | + 9,9 % |
| Saint-Jean-de-Védas | 46,55 % | inchangé | + 12,6 % | + 9,8 % |
| Castries | 46,99 % | inchangé | + 12,5 % | + 9,8 % |
| Cournonterral | 49,31 % | inchangé | + 11,9 % | + 9,5 % |
| Le Crès | 49,75 % | inchangé | + 11,8 % | + 9,4 % |
| Prades-le-Lez | 49,97 % | inchangé | + 11,8 % | + 9,4 % |
| Cournonsec | 52,16 % | inchangé | + 11,4 % | + 9,1 % |
| Montpellier | 52,63 % | inchangé | + 11,3 % | + 9,0 % |
| Pérols | 52,82 % | inchangé | + 11,2 % | + 9,0 % |
| Lattes | 53,00 % | inchangé | + 11,2 % | + 9,0 % |
| Juvignac | 56,18 % | inchangé | + 10,6 % | + 8,6 % |
| Villeneuve-lès-Maguelone | 59,18 % | inchangé | + 10,1 % | + 8,3 % |
| Baillargues | 61,59 % | inchangé | + 9,8 % | + 8,1 % |
| Castelnau-le-Lez | 54,11 % | − 4,33 pts | + 3,2 % | + 2,7 % |
Quatre lectures s'imposent.
Plus le taux communal est bas, plus la hausse en pourcentage est forte. C'est purement mécanique : +5,633 points sur un taux de 37,50 % pèsent bien plus, en proportion, que sur un taux de 61,59 %. Montpellier, avec l'un des taux communaux les plus élevés de la Métropole, est paradoxalement parmi les communes les moins affectées en pourcentage. Ce qui ne l'empêche évidemment pas d'avoir l'un des avis les plus lourds en euros.
Une seule commune a amorti le choc : Castelnau-le-Lez. Par une délibération du 13 avril 2026, le conseil municipal a annulé les taux qu'il avait votés en décembre et les a revotés en baisse de 8 % — la part communale passe de 54,11 % à 49,78 %. Cette baisse absorbe environ les trois quarts de la hausse métropolitaine : l'avis n'y progresse que de +2,7 %, contre +9,0 % à Montpellier. C'est, à notre connaissance, le seul cas dans la Métropole.
Six communes ont au contraire ajouté leur propre hausse. Saussan (+5,50 points) et Grabels (+4,90 points) sont les plus marquées : leur ligne taxe foncière progresse de 26,0 % et 21,8 %, soit plus du double de Montpellier. Suivent Sussargues, Restinclières, Murviel-lès-Montpellier et Saint-Geniès-des-Mourgues. Pour ces habitants, la décision métropolitaine n'explique qu'une partie de la facture.
Et si vous habitez juste à côté, rien ne change. La part métropolitaine ne concerne que les 31 communes de la Métropole. À Saint-Gély-du-Fesc, Saint-Clément-de-Rivière ou Teyran (communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup), comme à Mauguio ou Saint-Aunès (Pays de l'Or), aucune de ces communes n'a bougé son taux : leur avis ne progresse que du seul effet de la revalorisation nationale, soit +0,8 %. Douze fois moins qu'à Montpellier.
Ces écarts ne sont pas anecdotiques pour un projet immobilier. Entre deux communes voisines de la Métropole, le taux communal varie déjà de plus de 24 points, et la frontière de la Métropole ajoute désormais 5,633 points d'un côté et rien de l'autre — de quoi représenter plusieurs centaines d'euros par an sur un bien comparable. Si vous hésitez entre deux secteurs, c'est un paramètre à intégrer au même titre que le prix au m², au moment de chiffrer votre projet.
Si vous louez : ce qui est récupérable, ce qui ne l'est pas
C'est le volet que la presse locale ne traite pas, et c'est celui où l'on voit le plus d'erreurs coûteuses.
La taxe foncière n'est pas récupérable sur le locataire. La liste des charges récupérables, annexée au décret n° 87-713 du 26 août 1987, est limitative : sa rubrique « Impositions et redevances » ne comporte que trois lignes, dont une — le droit de bail — est devenue sans objet. En pratique, seule la TEOM est récupérable, sur justification, ainsi que la taxe de balayage lorsque la commune l'a instituée. Et comme la loi du 6 juillet 1989 est d'ordre public, une clause de bail d'habitation qui mettrait la taxe foncière à la charge du locataire est dépourvue d'effet. Attention à ne pas transposer ici ce que vous avez pu lire sur les baux commerciaux : en bail commercial, une clause claire et non équivoque peut valablement transférer la taxe foncière au preneur. En bail d'habitation, jamais.
Conséquence directe de la hausse 2026 : à Montpellier, le taux de TEOM n'a pas bougé. La totalité de l'augmentation porte donc sur la part que vous ne pouvez pas refacturer.
Le piège des frais de gestion. Sur l'avis, l'État prélève des frais d'assiette et de recouvrement (article 1641 du CGI) : 3 % sur la taxe foncière, 8 % sur la TEOM lorsque celle-ci est perçue au profit d'une collectivité, ce qui est le cas à Montpellier. Ces frais ne sont pas récupérables. Un bailleur qui refacture la ligne « TEOM + frais » commet une irrégularité, exposée à restitution sur trois ans. Sur un T3, cela représente une trentaine d'euros par an : peu, mais c'est le genre de ligne qui se retrouve dans un contentieux de régularisation de charges.
Et le symétrique, en déclaration. La taxe foncière est déductible des revenus fonciers au régime réel (article 31, I, 1°, c du CGI) — mais pas la TEOM, qui « incombe normalement à l'occupant ». Sur la déclaration 2044, on porte donc la taxe foncière hors TEOM, même quand on ne l'a pas refacturée au locataire. C'est l'erreur de déclaration la plus fréquente sur ce poste. Au micro-foncier (15 000 €, abattement 30 %) comme au micro-BIC (83 600 € et 50 % en meublé longue durée), aucune charge réelle n'est déductible : la hausse est absorbée sans compensation.
Ce que ça pèse. Sur les loyers médians observés à Montpellier par l'Observatoire local des loyers de l'ADIL 34 pour 2025 — 464 €/mois pour un T1 de 25 m², 794 €/mois pour un T3 de 65 m², hors charges — et pour une base nette imposable de 42 €/m² (hypothèse, déduite des exemples chiffrés diffusés localement ; elle correspond à un bien plutôt central ou de bon standing), la taxe foncière hors TEOM passe d'environ 10,2 % à 11,4 % du loyer annuel sur un studio, et d'environ 15,6 % à 17,3 % sur un T3. Soit, en équivalent loyer, de 1,23 à 1,37 mois pour le studio et de 1,87 à 2,08 mois pour le T3.
Le petit locatif encaisse donc mieux le choc, pour une raison structurelle : la base cadastrale suit à peu près la surface, alors que le loyer au m² décroît fortement avec la taille du logement. Si vous voulez le chiffre exact pour votre bien sans passer par ces moyennes, la règle est simple : multipliez votre taxe foncière 2025 par 1,113 — ou votre avis complet par 1,090. Le rapport est le même quel que soit le bien, puisque seuls les taux et le coefficient de revalorisation changent.
Un réflexe utile en cas de vacance. L'article 1389 du CGI ouvre un dégrèvement lorsqu'un logement normalement destiné à la location reste vacant au moins trois mois, pour une cause indépendante de votre volonté, sur la totalité du bien ou une partie louable séparément. Il n'existe pas de formulaire dédié : c'est une réclamation ordinaire, motivée par les preuves de vos diligences (mandats, annonces, historique des candidatures). À noter : ces mêmes pièces sont exactement celles qui vous protègent de la taxe sur les logements vacants, Montpellier étant en zone tendue. Un seul dossier, deux usages. Notre équipe gestion locative le constitue en routine.
Enfin, n'attendez rien des exonérations « personnes âgées » ni du plafonnement en fonction du revenu. Les articles 1391, 1391 B bis et 1391 B ter visent tous l'habitation principale du redevable : jamais un logement loué. Et pour un occupant, le plafonnement lui-même ne protège pas de cette hausse : son III neutralise les hausses de taux postérieures à 2011. Même plafonné, un propriétaire montpelliérain supporte intégralement la part métropolitaine 2026.
Si vous vendez ou si vous achetez
Le redevable, c'est le propriétaire au 1er janvier. Deux articles, souvent confondus : l'article 1400 du CGI désigne le redevable (« le propriétaire actuel »), et c'est l'article 1415 qui pose la date, en énonçant que les taxes foncières « sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ». Vous vendez en juin ? Vous restez redevable de la totalité de l'année 2026.
Le prorata temporis est un usage, pas une règle. La répartition entre vendeur et acquéreur au prorata de la date d'entrée en jouissance est une clause contractuelle, insérée dans l'acte par le notaire. La DGFiP est explicite : cet accord « est privé et ne concerne pas l'administration fiscale ». Il n'est donc pas opposable au Trésor. Si l'acquéreur ne rembourse pas, c'est vous qui restez poursuivi pour la totalité, et votre recours contre lui est civil, pas fiscal.
Deux conséquences pratiques. D'abord, si l'acte est muet, aucun prorata n'est dû de plein droit : la clause doit être négociée avant la signature du compromis et y figurer par écrit. Ensuite, le remboursement se calcule en pratique sur la taxe foncière de l'année précédente, celle de l'année en cours n'étant pas encore connue au moment de la vente. En 2026, à Montpellier, cela signifie qu'un prorata calculé sur l'avis 2025 sous-estime la charge réelle d'environ 9 %. Le point mérite d'être posé lors de la négociation — dans un sens ou dans l'autre selon que l'on vend ou que l'on achète. C'est typiquement ce que nous vérifions dans les conditions d'une offre avant de la présenter.
Pour un acquéreur, un point contre-intuitif à connaître. Une hausse de taxe foncière ne réduit pas votre capacité d'emprunt au sens des 35 %. La décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021 définit le taux d'effort comme le rapport des seules charges annuelles d'emprunt, assurance comprise, au revenu net avant impôt. Ni la taxe foncière, ni les charges de copropriété n'y figurent. De nombreux comparateurs affirment le contraire : ils ont tort sur la norme. En revanche, la taxe foncière pèse bien sur votre reste à vivre, que chaque banque apprécie librement dans son analyse de risque. Demandez donc systématiquement le dernier avis au vendeur avant de faire une offre : dans la Métropole, l'écart entre deux communes voisines n'est plus négligeable.
Et un point que presque personne ne relève : l'acquéreur qui a remboursé un prorata n'a pas qualité pour contester l'avis. Seul le redevable légal — le vendeur — est recevable à réclamer. S'il découvre après coup une erreur d'assiette, l'acquéreur doit passer par le vendeur, ou agir contre lui au civil.
Contester : c'est possible jusqu'au 31 décembre 2027
Une taxe foncière 2026, mise en recouvrement en 2026, se conteste jusqu'au 31 décembre 2027 (article R*196-2 du livre des procédures fiscales). Un décret du 27 juillet 2026 a d'ailleurs resserré ce texte en supprimant deux points de départ alternatifs : les commentaires administratifs antérieurs qui circulent encore sur le sujet décrivent du droit abrogé.
Ce qui est recevable : une erreur d'assiette. Surface cadastrale fausse, catégorie de local inadaptée, dépendance démolie, élément de confort disparu, local devenu inhabitable. Votre descriptif est consultable dans le service « Gérer mes biens immobiliers » de votre espace particulier — c'est le premier endroit à regarder.
Ce qui ne l'est pas : le taux voté. Aucune réclamation ne prospérera contre la délibération métropolitaine. Sachez également qu'un changement n'est pris en compte que s'il modifie la valeur locative de plus d'un dixième — seuil dégagé par la doctrine et la jurisprudence pour l'application de l'article 1517 du CGI. En dessous, la correction n'a pas lieu.
Trois réflexes de procédure. La réclamation se dépose depuis la messagerie sécurisée de votre espace particulier ou par courrier au service des impôts figurant sur l'avis ; elle doit exposer sommairement vos moyens, être signée et accompagnée de l'avis. En matière d'impôts locaux, une réclamation distincte est exigée par commune. Surtout, elle ne suspend pas le paiement : si vous ne voulez pas payer dans l'intervalle, il faut demander expressément le sursis de paiement dans la réclamation elle-même. À défaut, l'impôt impayé encourt la majoration de 10 % de l'article 1730 du CGI. L'administration dispose de six mois pour répondre.
Un mot sur les piscines et les extensions. L'asymétrie des délais mérite d'être connue avant de vendre. Vous avez un an pour réclamer ; l'administration, elle, peut réparer « à toute époque » les insuffisances d'imposition résultant du défaut ou de l'inexactitude d'une déclaration foncière (article L175 du LPF). Autrement dit, une construction jamais déclarée reste redressable sans limite de temps. La sanction proprement fiscale est modeste — 150 € au maximum au titre de l'article 1729 C, et non les « 6 000 € du m² » qu'on lit parfois, qui relèvent du code de l'urbanisme et d'un tout autre sujet. Mais le rappel d'imposition, lui, n'est pas plafonné. Nous détaillons les conséquences côté vente dans notre article sur les travaux non déclarés.
Le calendrier, et ce qui vient après
| Date | Échéance | À savoir |
|---|---|---|
| 27 août 2026 | Avis en ligne (non mensualisés) | Avis papier envoyés du 24 août au 21 septembre |
| 19 septembre 2026 | Avis en ligne (mensualisés) | Avis papier du 21 septembre au 9 octobre |
| 30 septembre 2026 | Adhésion au prélèvement à l'échéance | Pour l'avis 2026 |
| 15 octobre 2026 | Date limite de paiement | Chèque, TIP, espèces, virement |
| 20 octobre 2026 | Date limite de paiement en ligne | Cinq jours de plus ; obligatoire au-delà de 300 € |
| 15 décembre 2026 | Adhésion au prélèvement mensuel 2027 | Au-delà, démarrage en février avec rattrapage |
| 31 décembre 2027 | Fin du délai de réclamation | Pour l'imposition 2026 |
Trois échéances à garder en tête pour la suite.
Le projet de loi de finances pour 2027 est présenté fin septembre 2026 et discuté à partir de la mi-octobre. Il fixera notamment le coefficient de revalorisation des bases 2027, qui dépendra de l'inflation harmonisée de novembre 2026 — inconnue à ce jour. Toute annonce d'un coefficient 2027 avant la mi-décembre est une estimation, pas un chiffre officiel.
En 2027, un nouvel article 1406 bis du CGI, créé par la loi de finances pour 2026, remplacera la taxe sur les logements vacants et sa cousine des zones non tendues par un dispositif unique. Il ne s'applique pas à l'avis que vous recevez cette année, mais il change l'arbitrage pour un bien laissé vide.
Enfin, la révision des valeurs locatives des locaux d'habitation — qui doit remplacer des bases toujours calées sur les loyers de 1970 — a été repoussée de trois ans par l'article 106 de la loi de finances pour 2026. La collecte des loyers auprès des bailleurs est désormais prévue en 2028, pour une intégration dans les bases d'imposition au 1er janvier 2031. C'est la réforme qui rebattra réellement les cartes ; d'ici là, les écarts entre communes resteront déterminés par les taux votés.
En résumé
À Montpellier, l'avis 2026 progresse d'environ 9 %, dont 0,8 point seulement imputable à la revalorisation nationale. Le reste tient à une décision unique : le taux métropolitain porté de 0,167 % à 5,80 %. Ce n'est pas « une hausse de 5,8 % », et les chiffres spectaculaires qui circulent portent tous sur une colonne qui pesait jusqu'ici quelques euros par an.
Ailleurs dans la Métropole, la même décision produit des effets qui vont de +2,7 % à +19,8 % sur l'avis selon ce que chaque commune a fait de son propre taux — et rien du tout dans les communes voisines hors Métropole. C'est l'information la plus utile de cet article, et elle ne se lit sur aucun avis individuel : il faut comparer.
Pour un bailleur, la hausse porte intégralement sur la part non récupérable, sans compensation possible au micro-foncier ni au micro-BIC. Pour un vendeur, elle déplace le curseur d'une clause de prorata que presque personne ne négocie. Pour un acquéreur, elle devient un critère de comparaison entre communes voisines, au même titre que le prix au m².
Sources : DGFiP, taux de fiscalité directe locale votés en 2026 par les communes et les EPCI, fichiers publiés le 27 août 2026 (situation au 31 juillet 2026) ; Montpellier Méditerranée Métropole, page « Fiscalité métropolitaine » consultée le 1er septembre 2026 ; comptes rendus du conseil de Métropole du 28 avril 2026 et du conseil municipal de Montpellier du 14 avril 2026 (France 3 Occitanie, Le Journal Toulousain, Le Poing, Plurielle.info, Hérault Tribune) ; Légifrance, code général des impôts (art. 1380, 1388, 1391 B ter, 1400, 1406, 1415, 1517, 1518 bis, 1522, 1641, 1729 C, 1730) et livre des procédures fiscales (art. L173, L175, L277, R*196-2, R*196-5), versions en vigueur au 1er septembre 2026 ; décret n° 2026-692 du 27 juillet 2026 ; décret n° 87-713 du 26 août 1987 ; loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 ; BOFiP (BOI-IF-TFB-20-20-20-20, BOI-RFPI-BASE-20-50, BOI-BAREME-000006) ; INSEE, indice des prix à la consommation harmonisé de novembre 2025 ; impots.gouv.fr, calendrier fiscal 2026 ; décision HCSF n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021 ; ADIL 34, Observatoire local des loyers de l'unité urbaine de Montpellier, millésime 2025.
Les pourcentages d'évolution d'avis publiés dans cet article sont des calculs EVOC Immobilier, réalisés à partir des taux officiels et de la méthode exposée ci-dessus. Ils ne constituent ni un chiffre communiqué par une collectivité, ni un conseil fiscal personnalisé. Au 1er septembre 2026, aucun recours contentieux connu n'a été formé contre la délibération métropolitaine du 28 avril 2026. Les loyers cités sont des loyers médians de stock, hors charges, sur des logements loués vides : ils ne valent pas plafond légal, l'encadrement des loyers en vigueur à Montpellier étant fixé par arrêté préfectoral. Pour une situation individuelle, seul votre service des impôts ou un conseil habilité peut se prononcer.
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